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Dr Guy-André Pelouze

Manger du gras signifie-t-il être plus gras ? Une explication du métabolisme Humain

Cela parait logique : manger du gras, signifie devenir plus gras. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Cette question est très difficile à appréhender d’une manière générale, puisque ce principe, cette assertion est intuitive. Et comme toujours, ce que qui est intuitif semble toujours dominer à ce qui ne l’est pas autant.

Malheureusement, la biologie n’est pas là pour plaire. Elle nous enseigne que ce n’est pas le gras que nous mangeons qui se déposera dans nos artères. En effet, il n’y a pas de lien bien établi entre le cholestérol que nous mangeons, entre les graisses que nous ingérons et ce qui se dépose ou non dans nos artères. Pourquoi ?

Machine métabolique

C’est finalement assez simple à comprendre. Entre ce que nous mangeons et nos artères, il y a d’abord une énorme machine métabolique.

Le foie retransforme, reconfigure, réadapte tout ce que nous mangeons après la digestion par le tube digestif, de telle sorte que nos besoins soient remplis.
Cette machine métabolique fabrique des petites gouttelettes dans le sang pour transporter les graisses vers les tissus périphériques, afin de les utiliser, produire de l’énergie, créer des membranes, produire des hormones… Le foie régule tout cela.

Le foie en chef d’orchestre

Le deuxième point qu’il faut prendre en compte, c’est que le foie est parfaitement capable dans une situation d’excès de calories de transformer des sucres en graisses. Or, que mangeons-nous aujourd’hui en grande quantité ? Des amidons : du pain, des pâtes, du blé, du maïs, un certain nombre de céréales au petit déjeuner etc. Tout cela représente beaucoup plus que 50 %, parfois 60%,  voire 80% de sucres, de glucides. Ceci fait l’objet de discussions, dans le milieu diététique, qui insiste que le focus ne devrait pas être sur le gras, mais sur le sucre.

Et que fait le foie devant cette situation d’inondation ? Il transforme, tranquillement mais surement, ces glucides en lipides, ces petites gouttelettes qu’il envoie ensuite dans le tissu adipeux. Si bien que vous pouvez ne manger que très peu de gras et pourtant produire via le foie quantité de triglycérides, c’est-à-dire de graisses. C’est là que gît l’échec de tout ce qui est low-fat – c’est-à-dire allégé, sans graisse, sans huile de palme – parce qu’en réalité, par effet de substitution, nous sommes obligés de remplacer les lipides par des glucides.

Le low-fat n’a pas de goût ; le goût est transporté par le gras. Donc pour pallier le manque de goût, on rajoute des glucides, des sucres. Notre corps a besoin d’une absorption de gras que l’on trouve dans l’huile de palme (50% saturé et 50% non saturé), en remplacement des glucides et sucre qui sont mauvais pour la santé sont la réelle cause de calories. Attention : Ne faites pas confiance aux produits ‘sans huile de palme’ ou ‘sans gras’. Cela peut paraître attrayant, mais ne vous rendront pas en meilleure santé. C’est uniquement un tour des compagnies impliquées, sans aucun fondement.

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Anne-Laure Meunier

Taxation de l’huile de palme : un mauvais choix pour la santé

Au début du mois de mai, nos parlementaires ont discuté en séance publique du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, plus communément appelé Loi Biodiversité.

Très long, ce texte n’en est pas moins la démonstration claire d’une volonté commune de faire avancer le débat de la biodiversité dans le bon sens. En tant que citoyenne éveillée à ces questions, je ne peux que soutenir la démarche.

Il faut toutefois que je commente une partie de ce texte qui, plus directement liée à mon activité professionnelle, m’interroge.

Par le jeu des discussions parlementaires et des amendements successifs, une taxe additionnelle sur l’huile de palme semble avoir fait son chemin jusqu’à la dernière version du projet de loi. Cette taxe a été mise en avant par les députés, basée au moins en partie sur des allégations concernant les effets de l’huile de palme sur la santé.

Il est primordial, tout d’abord, de comprendre pourquoi l’huile de palme est utilisée dans les produits alimentaires.

Le choix de la graisse végétale utilisée est souvent directement lié aux contraintes de fabrication et aux propriétés fonctionnelles d’une huile par rapport à une autre.

Les industriels qui comptent l’huile de palme parmi leurs ingrédients le font généralement pour ces mêmes raisons. Or l’huile de palme est une graisse moins fluide que d’autres huiles végétales et cela signifie qu’elle ne peut être remplacée facilement par n’importe quelle autre huile. Ce qui est à craindre, c’est qu’ils passent vraisemblablement à des graisses de qualité médiocre pour retrouver ces mêmes propriétés : les graisses hydrogénées.

Ces huiles transformées industriellement sont particulièrement nocives et leur effet délétère est universellement reconnu.

De nombreux pays ont décidé d’interdire les graisses trans dans les produits alimentaires, mais ni la France, ni l’Union européenne ont pris de telles mesures à ce jour.

L’huile de palme, en raison de son état naturel, ne nécessite pas de ce procédé industriel d’hydrogénation partielle – et donc l’huile de palme ne contient jamais de graisses trans. Ceci est une raison majeure pour laquelle l’utilisation de l’huile de palme dans les produits alimentaires a augmenté, pas seulement en France, mais aussi dans le monde entier.

La compréhension de ce fait est fondamentale pour comprendre pourquoi l’utilisation de l’huile de palme est en hausse.

L’huile de palme est une huile saine et naturellement constituée de 50% de graisses saturées et 50% de graisses insaturées. Elle ne contient aucune graisse trans et représente même l’une des meilleures alternatives à leur utilisation.

Pour certains, cette augmentation de l’utilisation de l’huile de palme est considérée comme un problème. Cependant, les études montrent clairement que les consommateurs français consomment en fait très peu d’huile de palme.

C’est juste que l’huile de palme se trouve dans de nombreux produits, mais elle est présente en petites quantités. Cette conclusion a été publiée par l’Agence nationale de sécurité alimentaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en France.

Le niveau de la consommation d’huile de palme, par conséquent, ne devrait pas être un sujet de préoccupation. En fait, il semble que la taxe sur l’huile de palme est basée sur plusieurs craintes infondées.

S’il devait exister une taxe sur les graisses – ce qui n’est d’ailleurs pas forcément justifiable, particulièrement si on prend en compte l’exemple danois – je crois qu’il serait sage que celle-ci s’applique aux gras trans, dont l’impact sur la santé publique est indéniable.

Le problème avec les taxes basées sur la peur et l’incompréhension est qu’elles peuvent souvent avoir des conséquences imprévues et négatives.

Tout d’abord, une taxe sur l’huile de palme pourrait conduire à des alternatives malsaines – telles que les graisses trans – soient plus utilisées dans les aliments en France. Ca serait néfaste.

Deuxièmement, une taxe sur l’huile de palme aurait, pour conséquence directe, l’augmentation des prix des produits alimentaires.

Cependant, nous savons que bien manger est souvent une question de budget. Les familles les moins aisées sont aussi celles qui consomment le plus de produits alimentaires manufacturés.

Donc, taxer l’huile de palme va entrainer des prix plus élevés. Conséquence très négative.

En tant que nutritionniste, mon message aux Membres du Parlement est clair, dans l’évaluation de ce projet de loi sur la biodiversité, prenez-en compte les effets indirects de vos décisions à la fois sur la santé et sur les couts. Cette taxe doit être retirée.

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Anne-Laure Meunier Non classifié(e)

L’UE recommande de remplacer les graisses trans

Contrepoints – Selon un rapport de l’Union Européenne, l’huile de palme serait bénéfique pour la santé des Européens.

Le mois dernier, le service de recherche du Parlement européen a publié une contribution qui pourrait enrichir le débat sur les graisses trans. En lisant ce document de huit pages, disponible sur le site internet de l’institution européenne, chacun peut comprendre ce que sont les graisses trans et le problème qu’elles représentent aujourd’hui en termes de santé publique.
Trois enseignements essentiels sont mis en lumière dans ce rapport. Il existe un consensus sur la dangerosité des graisses trans pour la santé. Elles peuvent être facilement remplacées par des substituts naturels et accessibles comme l’huile de palme. Les mesures prises par l’Union Européenne pour réguler l’utilisation des graisses trans doivent être plus contraignantes.
Les auteurs du document montrent qu’à ce sujet, la communauté scientifique toute entière est parvenue à un consensus : issues de l’hydrogénation partielle d’huiles fluides, les graisses trans industrielles augmentent significativement le risque de maladies cardiovasculaires, d’obésité et de diabète de type 2. Ils soutiennent également que nous gagnerions collectivement à promouvoir la limitation de leur consommation – voire leur interdiction complète – au profit de graisses de substitution comme certaines huiles insaturées transformées, de graisses animales comme le beurre, et bien évidemment les huiles végétales naturellement saturées comme l’huile de palme ou de coco. Comme l’ont souligné les auteurs du rapport, de nombreux pays à travers le monde utilisent déjà l’huile de palme comme un substitut naturel aux graisses trans.

 

Les acides gras trans ciblés par les organisations du monde entier

S’il est une vérité généralement admise, c’est que les acides gras trans sont un danger sanitaire dont il faut se prémunir. En effet, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité en Europe et l’OMS alerte qu’une consommation de l’ordre de 2% des apports quotidiens en énergie augmente de 23% le risque d’un accident cardiovasculaire. En réponse, une poignée d’organisations de santé publique, ont pris la résolution d’agir. En 2015, la Food and Drug Administration américaine a publié une décision qui stipulait que les acides gras trans n’étaient plus généralement reconnus sûrs pour la consommation humaine. Le Danemark a été le premier pays membre de l’UE, dès 2003, à déclarer que la quantité de graisse trans dans un produit ne pouvait excéder 2% du total des graisses. La question est la suivante : pourquoi ces pionniers n’ont-ils pas été suivis par d’autres pays ?
Pourquoi trouvons-nous donc encore ces graisses dans nos produits alimentaires ?
La réponse est incertaine. Ce qui est certain, c’est que les graisses trans ont été amenées dans les années 1950 comme une alternative aux graisses animales. On croyait alors que leur concentration en graisses saturées les rendait moins bonnes pour la santé. Une erreur d’appréhension qui a conduit à une baisse de la consommation de graisses saturées et à une hausse de la consommation des graisses trans. Rétrospectivement, quelle ironie ! Mais les propriétés fonctionnelles des huiles partiellement hydrogénées les ont rendues fort populaires auprès des agro-industriels. Et comme le souligne le rapport du Parlement Européen, toutes les graisses ne peuvent adéquatement les remplacer.

 

Des alternatives saines à privilégier

Avec des résultats aussi probants que ceux observés au Danemark, où une étude récente a montré que la santé cardiovasculaire s’est améliorée plus vite après les mesures prises contre les graisses trans que la moyenne des pays de l’OCDE, l’Europe souhaite prendre le taureau par les cornes. Depuis une dizaine d’années, plusieurs pays européens ont opté pour une limitation de l’utilisation des huiles partiellement hydrogénées, favorisant un retour aux graisses saines et naturelles. Parmi celles-ci l’huile de palme – bien que souvent décriée par les médias – est un choix tout à fait rationnel. Naturellement solide à température ambiante, elle ne nécessite aucune manipulation ou hydrogénation pour être utilisable par l’industrie. Ses propriétés fonctionnelles lui confèrent un avantage certain sur d’autres huiles moins saturées, qui doivent être transformées. De plus, elle ne contient absolument aucun OGM.
Par ailleurs, et c’est sans doute l’aspect le plus important, tout effort permettant la diminution (voire l’élimination) de la consommation des graisses trans est un pas dans le bon sens. Plusieurs études très sérieuses ont su montrer que leur remplacement par des acides gras saturés ou insaturés dans l’alimentation humaine représentait un progrès significatif.
Quant au débat toujours actif au sujet de l’impact des acides gras saturés sur la santé, qui oppose un dogme vieux de 50 ans à des dizaines d’études qui le contredisent, seule une certitude persiste : contrairement aux graisses saturées, les graisses trans sont unanimement reconnues comme dangereuses. Le rapport du Parlement européen démontre qu’il est maintenant temps d’agir, passer de la parole aux actes.

 

https://www.contrepoints.org/2016/04/02/245264-lue-recommande-de-remplacer-les-graisses-trans

 

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Dr Guy-André Pelouze The Oil Palm

Manger du gras signifie-t-il être plus gras ?

Cette question est très difficile à appréhender d’une manière générale, puisque ce principe, cette assertion est intuitive. Et comme toujours, ce que qui est intuitif semble toujours dominer à ce qui ne l’est pas autant.

Malheureusement, la biologie n’est pas là pour plaire. Elle nous enseigne que ce n’est pas le gras que nous mangeons qui se déposera dans nos artères. En effet, il n’y a pas de lien bien établi entre le cholestérol que nous mangeons, entre les graisses que nous ingérons et ce qui se dépose ou non dans nos artères. Pourquoi ?

Machine métabolique

C’est finalement assez simple à comprendre. Entre ce que nous mangeons et nos artères, il y a d’abord une énorme machine métabolique. Je le dis souvent : nous ne sommes ni un réfrigérateur ni un espace de stockage ; ce que nous mangeons est profondément transformé par le foie.

Le foie retransforme, reconfigure, réadapte tout ce que nous mangeons après la digestion par le tube digestif, de telle sorte que nos besoins soient remplis. Notre foie est capable de presque tout transformer. Si ce n’était pas le cas, nous ne serions pas là car nous n’aurions pas survécu.
Cette machine métabolique fabrique des petites gouttelettes dans le sang pour transporter les graisses vers les tissus périphériques, afin de les utiliser, produire de l’énergie, créer des membranes, produire des hormones… Le foie régule tout cela.

Le foie en chef d’orchestre

Ainsi on comprend que la quantité de ce que l’on mange va être déterminante. Il est évident que si l’on mange beaucoup trop, le foie sera obligé de trouver comment utiliser tous ces nutriments dont il n’a que faire, parce qu’on n’en dépense pas. C’est un des grands sujets aujourd’hui : la sédentarité et l’alimentation bon marché ont précipité l’être humain dans une balance calorique positive.

Le deuxième point qu’il faut prendre en compte, c’est que le foie est parfaitement capable dans une situation d’excès de calories de transformer des sucres en graisses. Or, que mangeons-nous aujourd’hui en grande quantité ? Des amidons : du pain, des pâtes, du blé, du maïs, un certain nombre de céréales au petit déjeuner etc. Tout cela représente beaucoup plus que 50 %, parfois 60, voire 80% de sucres, de glucides.
Ces glucides en excès sont souvent d’absorption très rapide. Et que fait le foie devant cette situation d’inondation ? Il transforme, tranquillement mais surement, ces glucides en lipides, ces petites gouttelettes qu’il envoie ensuite dans le tissu adipeux. Si bien que vous pouvez ne manger que très peu de gras et pourtant produire via le foie quantité de triglycérides, c’est-à-dire de graisses. C’est là que gît l’échec de tout ce qui est low-fat – c’est-à-dire allégé, sans graisse, sans huile de palme – parce qu’en réalité, par effet de substitution, nous sommes obligés de remplacer les lipides par des glucides. Le low-fat n’a pas de gout ; le gout est transporté par le gras. Donc pour pallier le manque de goût, on rajoute des glucides, des sucres.

Il n’y a donc aucun rapport entre ce que vous mangez et ce qu’il va se passer dans vos artères. L’élément essentiel est qu’il faut à tout prix conserver son caractère le moins transformé, le plus naturel possible à ce que vous mangez. En clair, il faut privilégier des aliments et non des produits alimentaires, qui vont aggraver l’inondation de calories et de glucides dans votre organisme.

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Dr Guy-André Pelouze The Oil Palm

L’Huile de Palme est une excellente huile pour cuisiner : résistante à la chaleur et saine

Dans un article publié récemment, le journaliste du UK Daily Telegraph, Robert Mendick explique comment les huiles végétales peuvent devenir toxique lorsqu’elles sont chauffées, car elles libèrent des “produits chimiques cancérigènes toxiques”. Dans cet article, cinq graisses différentes sont comparées: deux graisses saturées (huile de noix de coco et le beurre) et trois végétales, des huiles hautement insaturées (huile d’olive extra vierge, de maïs et d’huile de tournesol).

Il est vrai que toutes les graisses ne sont pas identiques. Il est également vrai qu’aucun gras n’est parfait. Ce qui est important de comprendre est que certaines graisses, animale ou végétale, sont bonnes lorsqu’ elles sont utilisées à froid, comme vinaigrettes ou marinades, par exemple; tandis que d’autres sont mieux adaptées pour la cuisson, faire sauter ou frire. La chaleur peut être rude sur certaines graisses, en particulier les huiles végétales, comme l’a indiqué l’article du Telegraph.

L’huile végétale ne signifie pas gras insaturé

Le journaliste a comparé des huiles végétales souvent considérées comme saines (maïs, tournesol) à d’autres matières grasses riches en acides gras saturés, tels que l’huile de noix de coco ou du beurre. Les huiles et les graisses saturées sont plus stables lorsque la chaleur est appliquée. Par conséquent, comme le montre l’étude citée dans cet article, elles sont une alternative plus saine en ce qui concerne la cuisson. Donc, l’huile de noix de coco est idéale, car elle contient environ 85% d’acides gras saturés, tout comme le beurre avec 65% d’acides gras saturés.

Ce qui est étrange, cependant, c’est que l’huile de palme ne soit pas mentionné. Avec une composition équilibrée (50% saturés et 50% insaturés), l’huile de palme est parfaite pour la cuisson, y compris pour frire, car elle est très résistante à la chaleur. Elle ne se décompose pas lorsque utilisée pour la friture. Elle est aussi naturellement sans gras trans et sans cholestérol.

Une alternative saine et équilibrée

Un article vraiment précis aurait établi l’huile de palme comme l’une des meilleures alternatives aux huiles de mais et tournesol pour la cuisson. L’excellente résistance de l’huile de palme à la chaleur et sa composition équilibrée en fait une des options disponibles les plus saine.

L’éducation sur l’alimentation et la cuisine est essentielle si les Européens veulent améliorer leur régime alimentaire et leur santé. L’utilisation de l’huile de palme comme une huile de cuisson, à la place des huiles insaturées potentiellement dangereuses (tournesol, maïs) est un excellent exemple de cela.

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Dr Guy-André Pelouze The Oil Palm

La campagne contre l’huile de palme sans aucun fondement scientifique

En Novembre 2012, l’huile de palme est vraiment entrée dans le paysage médiatique français à l’occasion des discussions parlementaires au sujet de ce qui a été surnommé à l’époque l’amendement Nutella. Un prodigieux nombre d’articles a été publié à cette occasion. Et de l’omniprésence dans les médias, l’huile de palme est devenue un des grands sujets du débat public.

Quel terrain fertile pour une campagne de dénigrement ! On l’a accusée de tout et particulièrement d’être mauvaise pour la santé ; et au creux de l’actualité, la question sanitaire a pris des tours de préoccupation nationale.

Pourtant la science ne permet pas de donner raison à ces craintes. Pour l’huile de palme comme pour d’autres sujets, à défaut d’avoir promu les bonnes informations, l’opinion publique s’est surtout démarquée par sa tendance à l’exagération. D’ailleurs les affiches que nous avons pu voir dernièrement à propos du monstre du Loch Ness ou du Titanic ne sont finalement pas très loin de la vérité.

Nous avons à plusieurs reprises tenté de montrer qu’il n’y avait pas réellement motif à une telle activité médiatique : en Novembre 2013 dans un premier temps, puis en juin 2014, nous avons tenus deux colloques à Paris et à Bruxelles, avec le concours d’experts renommés. Ensemble, nous avons précisé l’état de la science et de nombreuses études menées au cours de ces dernières années ont permis d’avancer, sans erreur possible, que les graisses saturées en général et l’huile de palme en particulier ne sont évidemment pas dangereuses pour la santé.

Aujourd’hui, comme c’était également possible de le dire alors, l’huile de palme n’est pas un sujet d’inquiétude sur le plan scientifique. Force est de constater que l’opinion publique a fait fausse route.

D’ailleurs on ne s’y est pas trompé. Dix-huit mois environ après le pic d’intérêt, ce débat s’est étouffé de lui-même. Des premières grandes guerres sanitaires et idéologiques, on a vite pu se rendre compte qu’il n’y avait pas de fond. Et des sujets plus sérieux comme l’utilisation toujours actuelle des graisses trans ou l’inquiétante consommation de sucre ont pu faire surface.

Après quelques mois seulement donc, tout ceci s’est effondré. Beaucoup de bruit pour rien.

 

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Dr Guy-André Pelouze The Oil Palm

A priori au sujet du cholesterol et de l’huile de palme

Un a priori très classique trouvé chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires, est qu’il faut manger peu de cholestérol et peu de gras. Alors qu’il a été tabou pendant de nombreuses années, ce point est de plus en plus débattu, au point même d’être remis en question.

Jusqu’à présent, on s’est intéressé au cholestérol des aliments en laissant courir une hypothèse qui s’avère être de moins en moins vérifiée : « en mangeant moins d’aliments avec du cholestérol, on se retrouvera avec moins de cholestérol dans la plaque de l’athérome.

En fait, il n’en n’est rien. On s’aperçoit que le cholestérol que nous ingérons n’a pas beaucoup d’impact. Notre corps n’est pas un réservoir. C’est une machine métabolique. Quand les plaques de cholestérol vont arriver dans le foie, elles vont être recombinées.

L’ingestion de cholestérol et la présence de cholestérol dans l’organisme ne sont pas nécessairement liés et ce dernier peut tout à fait être produit par le foie. Le meilleur exemple étant qu’un végétarien peut avoir du cholestérol dans son sang sans avoir pour autant ingéré des aliments qui en contiennent.

Pendant longtemps, on a considéré l’organisme comme un silo ; si le cholestérol que nous ingérons se rend bien dans le foie, ce dernier opère une recombinaison des particules lipidiques.

 

Parmi les principaux facteurs de risque, on trouve les particules LDL. Or ces dernières peuvent être présentes dans l’organisme que l’on ingère des aliments à base de cholestérol ou pas. Par contre, elles sont plus athérogènes quand on mange des sucres rapides.

En conséquence, il est inopportun de se préoccuper en priorité du contenu en cholestérol des aliments et ce, pour trois raisons :

  • On va se priver d’éléments naturels (par exemple : les œufs entiers contiennent du cholestérol mais ne représentent pas de risque)
  • Lorsqu’on cherche à les éviter, on va systématiquement les remplacer par du pain blanc, de la confiture … bref, le risque étant l’accroissement de consommation d’aliments contenant des sucres et donc l’augmentation de risque de MCV.

Le patient, spontanément va rechercher des aliments qui indiquent une faible présence de cholestérol. Se faisant, il va se précipiter sur des « aliments à étiquettes » qui sont la plupart du temps des aliments transformés. Or la plupart du temps, ces aliments ont remplacé les cholestérols par des glucides.

On voit qu’il est essentiel de se départir de l’idée selon laquelle il faut absolument consommer moins de 300 grammes de cholestérol par jour. Cette « obsession » s’avère comme nous l’avons montrée trompeuse, mais également, il se pourrait qu’elle induise des comportements inopportuns dont les conséquences pourraient être carrément opposés à l’effet bénéfique recherché.

L’huile de palme qui a un bon équilibre entre gras saturés et insaturés est aussi victime de ces préjugés. La perception erronée sur le cholestérol et les gras pourrait induire les industriels dans le raisonnement biaisé que nous avons dénoncé : l’éviction des aliments contenant du cholestérol conduit à les remplacer. Or ce faisant les industriels ont remplacé le gras, par le sucre, ce qui entraîne des conséquences opposées à l’effet recherché.

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Dr Guy-André Pelouze The Oil Palm

Mon interview en réponse à Ségolène Royal

A la suite des déclarations anti-huile de palme de Ségolène Royal, le journal Atlantico m’a interviewé au sujet de l’huile de palme. Voici les grandes idées que j’ai pu développer dans cet article intitulé « Nutella à l’index : mais pourquoi cette hargne récurrente contre lhuile de palme ? ».

La première question reflète la charge de l’a priori négatif contre l’huile de palme « Dans quelle mesure s’agit-il d’une mauvaise huile pour la santé ? »

Pour lever tout doute, il était essentiel de rappeler ce que les consommateurs ignorent « L’huile de palme rouge est un corps gras qui est issu de la presse du fruit du palmier à huile. Elle est consommée depuis des millénaires. » Concernant la composition chimique de l’huile raffinée,  j’ai pu rappeler qu’elle était riche en acide palmitique (43,5%) et en acide oléique (36,6%), ce qui en fait un aliment parmi tant d’autres qui apporte des calories sous forme d’acides gras. Enfin, chose que l’on n’ose plus dire depuis des années : « le gras est nécessaire à notre alimentation et il a été abondamment prouvé que manger allégé ne fait pas maigrir. » De ce point de vue, il y a un travail de pédagogie fondamental à réaliser en France. En effet, il est souvent affirmé que les acides gras saturés favorisent les maladies cardiovasculaires. C’est totalement faux. Les maladies cardiovasculaires s’explique par de multiples raisons, et si on isole la consommation de graisses saturées dans les analyses de corrélation statistique les graisses saturées apparaissent neutres ni favorables ni défavorables sur le risque cardiovasculaire. L’huile de palme est devenu un bouc émissaire commode qui permet d’éviter de parler de nombreuses autres causes telles que le tabac, la sédentarité, le surpoids; l’obésité et le diabète type 2 sont de puissants facteurs de risque de maladies cardiovasculaires mais pas l’huile de palme.

Maintenant pour ce qui concerne directement l’affirmation de la Ministre Royal, « Il faut arrêter de manger du Nutella par exemple parce que c’est de l’huile de palme. », Atlantico m’a interrogé sur la possibilité de remplacer l’huile de palme par une autre graisse. Après avoir rappelé que cette substitution ne pouvait avoir pour origine une raison nutritionnelle, j’ai pu rappeler que l’huile de palme et ces nombreuses propriétés a permis de remplacer les acides gras trans qui sont athérogènes et donc dangereux pour la santé. Qu’en est-il de la substitution par d’autres huiles alors ?

S’il se fait par des huiles végétales riches en acides gras poly-insaturés comme le tournesol le carthame ou le maïs, la consommation d’acides gras saturés diminue mais celle d’acides gras oméga 6 augmente ce qui pose d’autres problèmes et ne permet de conclure à un avantage. Pour les huiles riches en oméga 3 comme le colza la substitution est favorable puisque notre alimentation est globalement déséquilibrée au profit des oméga 6 mais les caractéristiques de cette huile ne conviennent pas en pâtisserie et elle est trop oxydable en friture. Au total la meilleure alternative notamment en pâtisserie est le beurre. Mais l’apport en acides gras saturés est sensiblement le même. Il s’agit alors de gout et de coût mais pas de santé car faut il le répéter les acides gras saturés largement consommés en France ne sont pas associés à une surmortalité cardiovasculaire.

Enfin, j’ai pu revenir sur la question des acides gras trans. Contrairement aux Etats-unis, en Europe, les consommateurs ne sont pas informés de la présence d’acides gras trans dans leur alimentation. Alors que de nombreuses études démontrent que le gras trans est dangereux pour la santé, ce n’est pas le cas pour l’huile de palme.

Je  m’étonne « que certains s’acharnent sur un corps gras qui est neutre et que les mêmes laissent faire la production, l’utilisation et la consommation d’acides gras trans…

Pourquoi l’huile de palme, auprès des associations et des pouvoirs publics, reste l’objet de fantasme alors même que la réalité semble différente ? »

Lire l’interview dans son intégralité