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Pierre Bois D’Enghien The Oil Palm

Le quotidien d’un petit agriculteur

24 heures avec un fermier : vue d’ensemble des activités agricoles

Comme 3 millions de semblables de par le monde, le petit planteur se lève assez tôt, avant le lever du soleil, pour pouvoir travailler sur son champ tant qu’il fait frais. Puisque la superficie de sa plantation, 4 hectares, est adaptée à sa propre capacité de travail, son épouse peut s’occuper du ménage ou effectuer le métier qu’il lui plaît.

Le planteur part ensuite sur sa plantation, en vélo ou à pied car sa plantation n’est jamais éloignée de sa résidence.

Le planteur ne récoltera ses fruits que le jour où le camion de l’usine passera pour les collecter (le camion passe tous les 4-5 jours). Les autres jours, il pourra effectuer des entretiens comme le sarclage, rabattage de la végétation, l’application des engrais nécessaires, l’élagage, etc. Le planteur commence alors la récolte, ligne par ligne, des régimes mûrs.

Les opérations pour la récolte se font selon différentes phases : couper le régime, couper le pédoncule du fruit, ramasser les fruits détachés, mettre les frondes sur l’andain, mettre les régimes dans la brouette ainsi que les fruits détachés et transporter le tout sur la zone de ramassage au bord de la route.

Vers 9h, le planteur prend une pause et son deuxième petit déjeuner. À 9h30, il reprend la récolte pour la terminer vers onze heures.

En fin de matinée, le camion de l’usine vient lui remettre des rafles, dont le volume correspond aux déchets produits lors de l’usinage de ses régimes ; il pourra ainsi les épandre sur sa plantation et maintenir la fertilité et la structure du sol.

En début d’après-midi, après avoir livré les rafles chez les autres petits planteurs avoisinants, le camion de l’usine commence le ramassage selon un horaire préétabli. La production est pesée lors du chargement et le planteur reçoit un ticket qui reprend le tonnage réceptionné.

L’après-midi, pendant les heures les plus chaudes de la journée ; le planteur se repose ou bien, se rend aux réunions avec les encadreurs techniques ou avec les responsables de l’usine qui achète les fruits.

En fin de journée, il passera rapidement sur sa petite pépinière pour l’arroser et contrôler l’état sanitaire de ses plants. Il peut ainsi passer la soirée en famille.

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Authors Pierre Bois D’Enghien

Answer to Nicolas Hulot, Palm Oil and Sustainability

The authors of a column published in Le Monde doubt the effectiveness of the RSPO certification for the development of a truly sustainable palm oil.

The RSPO repository has eight principles, 43 criteria and 69 key indicators; certification is conducted by an accredited third party – like it is done with ISO certification – which is a guarantee of quality. But unlike ISO certification, which evaluates a management system, RSPO also assesses good practices implemented. A company may be ISO 14001 while exceeding pollution standard, a certified oil palm plantation RSPO can not.

An assessment of areas with high conservation value (and thus, not only forest) is required before any new planting occurs. Under no circumstances primary forests or those with protected species (including apes) can be destroyed (criterion 7.3); the repository application that operators avoid planting on peatlands (criterion 7.4) and if the use of Paraquat is still permitted, (ranked II, moderately hazardous, according to WHO), it is only so in exceptional and fully documented circumstances (criterion 4.6).

The authors, without saying so, acknowledge the importance of this type of certification and only point out the excesses of some planters which are even in violation of local environmental legislation.

They skilfully combine the impact of all monocultures on biodiversity and the conversion of natural areas into oil palm plantations, but forget to say that alternative (rapeseed, sunflower) are also monocultures and that they create biodiversity deserts ; if 15% of local biodiversity actually remain in oil palm plantations, what remains in a plant of rapeseed or sunflower: less than 0.1% ?

For equal production in vegetable oil, it takes 8 to 10 times more areas with annual oil monocultures (such as rapeseed). Do the authors really think that by reducing annual crops intended for biofuel production in Europe, we will significantly reduce the surfaces dedicated to this incredibly well performing plant that is oil palm? In a world that will be shelter to 9.3 billion in 2050? This is naive.

At similar consumption levels, it will require an additional 150 million tons of vegetable oil in 2050, which will add another 37 million hectares of palm trees or 187 million hectares of rapeseed, a difference of 150 million ha, the area size of ​​Mongolia.

Finally, we note that this famous Asian company producing and selling palm oil located in the Cross River State, and that the authors do not mention, is called WILMAR and the latest quarterly and annual reports of the Afi Mountain Wildlife Sanctuary never mention Wilmar nor any oil palm plantation; but illegal hunting and village cultures as unique factors of disappearance of the monkeys in the reserve. The authors of course avoid mentioning the real causes and are content to note the presence of a palm plantation in the “buffer zone”. Oil palm is the ideal scapegoat to avoid asking the really good questions.

While European imports (around 6 million tonnes per year) are significantly lower than what is produced as Sustainable Palm oil  (11.9 million tonnes in 2014), the authors should instead insist that all European consumptions be 100% sustainable according to RSPO or local repositories (MSPO) and take their pilgrim’s staff to persuade China and India to do the same.

The authors might understand that palm oil is not to problem. It is deforestation, due to the increasing global population, which needs fat to live, too.

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Pierre Bois D’Enghien The Oil Palm

Réponse à Nicolas Hulot, huile de palme et développement durable

Les auteurs doutent de l’efficacité de la certification RSPO pour le développement d’un véritable système de production durable d’huile de palme.

Le référentiel RSPO contient 8 principes, 43 critères et 69 indicateurs majeurs ; sa certification est effectuée par une tierce partie accréditée, comme pour une certification ISO, ce qui est un gage de garantie.

Une évaluation des aires à hautes valeur de conservation (et donc, pas uniquement des forêts) est obligatoire avant toute nouvelle plantation. En aucun cas, les forêts primaires ou celles abritant des espèces protégées (y compris les grands singes), ne peuvent être détruites (critère 7.3) ; le référentiel demande à ce que les opérateurs évitent de planter sur les tourbières (critère 7.4) et si l’utilisation du Paraquat est encore autorisée, (classé II, modérément dangereux, selon l’OMS), il ne l’est qu’en des circonstances exceptionnelles et parfaitement documentées (critère 4.6).

Les auteurs, sans le dire, admettent l’intérêt de ce type de certification et ne pointent que les dérives de certains planteurs qui bafouent même la législation environnementale locale.

Ils associent adroitement l’impact de toutes les monocultures sur la biodiversité et la conversion des espaces naturels en plantations de palmiers à huile, ils oublient pourtant de dire que les alternatives (colza, tournesol) sont aussi des monocultures, que ce sont des déserts de biodiversité ; s’il ne reste effectivement que 15 % de biodiversité locale dans une plantation de palmiers à huile, que reste-t-il dans une culture de colza ou de tournesol : 0,1 %, moins ?

Pour une production égale en huile végétale, il faut 8 à 10 fois plus de superficies occupées par des monocultures d’oléagineuses annuelles (de type colza). Les auteurs s’imaginent-ils vraiment que en réduisant les cultures annuelles destinées à produire des biocarburants en Europe, on réduira significativement les surfaces destinées à cette plante formidablement performante qu’est le palmier à huile ? Dans un monde qui abritera 9,3 milliards d’individus en 2050 ? Ceci est bien naïf.

A consommations égales, il faudra 150 millions de tonnes d’huile végétale supplémentaires en 2050, que pourront produire soit 37 millions d’ha supplémentaires de palmiers soit 187 millions d’ha de colza, soit une différence 150 millions d’ha, ce qui représente l’équivalent de la superficie de la Mongolie.

Pour finir, nous noterons que cette fameuse société  asiatique de production et de commercialisation d’huile de palme installée dans l’Etat de Cross River, et que les auteurs ne mentionnent pas, s’appelle WILMAR et que les derniers rapports trimestriels et annuels de l’Afi Mountain Wildlife Sanctuary ne mentionnent jamais ni Wilmar, ni une quelconque plantation de palmier à huile, mais bien la chasse et les cultures villageoises illégales comme facteurs uniques de disparition des singes dans la réserve. Les auteurs évitent bien entendu de mentionner les vraies causes et se contentent de noter la présence d’une plantation de palmier dans la « zone tampon ». Le palmier à huile est le bouc émissaire idéal  pour éviter de se poser les vraies bonnes questions.

Alors que les importations européennes (environ 6 millions de tonnes par an) sont largement inférieures à ce qui est produit en tant qu’huile de palme durable (11,9 millions de tonnes en 2014), les auteurs devraient plutôt insister à ce que toute la consommation européenne soient 100% durable selon les référentiels RSPO ou locaux (MSPO) et prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre Chinois et Indiens  de faire de même.

Et les auteurs comprendront peut-être que ce n’est pas l’huile de palme le problème, c’est la déforestation due à l’augmentation de la population mondiale qui, elle aussi, a besoin de lipides pour vivre.

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Pierre Bois D’Enghien The Oil Palm

Ma lettre à Ségolène Royal, en réponse à ses propos contre l’huile de palme

Le 14 Juin 2015, la Ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, invitée du Petit journal de Canal +, voulant faire la promotion de la prochaine COP 21,  a déclaré «Il faut replanter massivement des arbres parce qu’il y a eu une déforestation massive qui entraîne aussi du réchauffement climatique». Puis elle a ajouté, «Il faut arrêter de manger du Nutella par exemple parce que c’est l’huile de palme qui a remplacé les arbres. Et donc il y a eu des dégâts considérables».

J’ai eu le plaisir et l’honneur de pouvoir lui répondre dans une lettre qui a été publiée par le Figaro quelques jours plus tard. Cette lettre semble être plutôt bien passée auprès de l’opinion publique, puisque le texte a été partagé par plusieurs milliers d’internautes sur les réseaux sociaux. En outre, on voit qu’il a généré de nombreux commentaires positifs. La preuve que les internautes apprécient quand on leur tient un langage de vérité. Dans cette lettre mon intention n’était nullement de rentrer dans une polémique en m’en prenant ouvertement à la Ministre. Il s’agissait d’exposer la réalité à laquelle l’homme de terrain que je suis – directement en contact avec les petits producteurs – est confronté continuellement au quotidien. Ainsi, j’ai tenu à rappeler que :

« Le palmier à huile produit 8 à 10 fois plus d’huile végétale par hectare que les autres cultures oléagineuses et donc, pour une même production d’huile, il faut occuper 8 à 10 fois moins de superficie. »

« L’utilisation d’autres matières premières entraînerait une emprise foncière plus importante, une biodiversité moindre et bien sûr un recours aux herbicides et aux pesticides plus important. »

« Que la Malaisie exploite 24 pour cent de ses terres pour le développement agricole. En France, ces chiffres sont bien différents: 29 pour cent de couverture forestière et 50 pour cent d’exploitation agricole. »

« Il faut en effet 100 fois moins de pesticides pour produire une tonne d’huile de palme que pour une tonne d’huile de soja. »

Ce dérapage de madame Royal était d’autant plus paradoxal qu’il va à l’encontre des déclarations du premier Ministre Jean-Marc Ayrault, lors de son voyage en Malaisie. Au point que je me suis demandé s’il s’agissait d’une étourderie ou d’intérêts cachés. Je vous invite à retrouver l’intégralité de ce texte sur le site du Figaro.

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Authors Pierre Bois D’Enghien

My open letter to Ségolène Royal, after her statement against palm oil

On June 14, 2015, French Ecology Minister Segolene Royal, was invited to on a famous programme on access prime-time. in order to promote the next COP 21. She stated “We must massively replant trees because there has been a massive deforestation which also leads to global warming.

“Then she added, “We must stop eating Nutella for instance, because it uses palm oil which replaced the trees. And so there has been considerable damage.”

I had the pleasure and honour to publish a response letter in Le Figaro a few days later. This letter seems to have been well received by the public, since the text was shared by thousands of users on social media. Further, it has generated many positive comments. This is proof that people enjoy when we take the time to actually tell the truth. The letter was in no way a means to start controversy by openly addressing the Minister. It was to expose the reality the man on field the field that I am – direct contact with small producers – is confronted to daily. So, I wanted to reiterate that:

“Oil palm produces 8-10 times more vegetable oil per hectare than any other oil crops and thus, for the same oil production, it must use 8 to 10 times less surface area.”

“The use of other raw materials result in a greater land grab, less biodiversity and of course use of herbicides and pesticides most important.”

“Malaysia uses 24 percent of its land for agricultural development. In France, these figures are quite different: 29 percent of forest cover and 50 percent of farm.”

“It takes 100 times less pesticides to produce one ton of palm oil than for one ton of soybean oil.”

Madame Royal, your misguided words were particularly ironic and go against a previous statement of former Prime Minister Jean-Marc Ayrault, during his trip to Malaysia. So much so that I wondered if it was a blunder or hidden interests. I invite you to get the full article on the Figaro website.