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Anne-Laure Meunier

Taxation de l’huile de palme : un mauvais choix pour la santé

Au début du mois de mai, nos parlementaires ont discuté en séance publique du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, plus communément appelé Loi Biodiversité.

Très long, ce texte n’en est pas moins la démonstration claire d’une volonté commune de faire avancer le débat de la biodiversité dans le bon sens. En tant que citoyenne éveillée à ces questions, je ne peux que soutenir la démarche.

Il faut toutefois que je commente une partie de ce texte qui, plus directement liée à mon activité professionnelle, m’interroge.

Par le jeu des discussions parlementaires et des amendements successifs, une taxe additionnelle sur l’huile de palme semble avoir fait son chemin jusqu’à la dernière version du projet de loi. Cette taxe a été mise en avant par les députés, basée au moins en partie sur des allégations concernant les effets de l’huile de palme sur la santé.

Il est primordial, tout d’abord, de comprendre pourquoi l’huile de palme est utilisée dans les produits alimentaires.

Le choix de la graisse végétale utilisée est souvent directement lié aux contraintes de fabrication et aux propriétés fonctionnelles d’une huile par rapport à une autre.

Les industriels qui comptent l’huile de palme parmi leurs ingrédients le font généralement pour ces mêmes raisons. Or l’huile de palme est une graisse moins fluide que d’autres huiles végétales et cela signifie qu’elle ne peut être remplacée facilement par n’importe quelle autre huile. Ce qui est à craindre, c’est qu’ils passent vraisemblablement à des graisses de qualité médiocre pour retrouver ces mêmes propriétés : les graisses hydrogénées.

Ces huiles transformées industriellement sont particulièrement nocives et leur effet délétère est universellement reconnu.

De nombreux pays ont décidé d’interdire les graisses trans dans les produits alimentaires, mais ni la France, ni l’Union européenne ont pris de telles mesures à ce jour.

L’huile de palme, en raison de son état naturel, ne nécessite pas de ce procédé industriel d’hydrogénation partielle – et donc l’huile de palme ne contient jamais de graisses trans. Ceci est une raison majeure pour laquelle l’utilisation de l’huile de palme dans les produits alimentaires a augmenté, pas seulement en France, mais aussi dans le monde entier.

La compréhension de ce fait est fondamentale pour comprendre pourquoi l’utilisation de l’huile de palme est en hausse.

L’huile de palme est une huile saine et naturellement constituée de 50% de graisses saturées et 50% de graisses insaturées. Elle ne contient aucune graisse trans et représente même l’une des meilleures alternatives à leur utilisation.

Pour certains, cette augmentation de l’utilisation de l’huile de palme est considérée comme un problème. Cependant, les études montrent clairement que les consommateurs français consomment en fait très peu d’huile de palme.

C’est juste que l’huile de palme se trouve dans de nombreux produits, mais elle est présente en petites quantités. Cette conclusion a été publiée par l’Agence nationale de sécurité alimentaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en France.

Le niveau de la consommation d’huile de palme, par conséquent, ne devrait pas être un sujet de préoccupation. En fait, il semble que la taxe sur l’huile de palme est basée sur plusieurs craintes infondées.

S’il devait exister une taxe sur les graisses – ce qui n’est d’ailleurs pas forcément justifiable, particulièrement si on prend en compte l’exemple danois – je crois qu’il serait sage que celle-ci s’applique aux gras trans, dont l’impact sur la santé publique est indéniable.

Le problème avec les taxes basées sur la peur et l’incompréhension est qu’elles peuvent souvent avoir des conséquences imprévues et négatives.

Tout d’abord, une taxe sur l’huile de palme pourrait conduire à des alternatives malsaines – telles que les graisses trans – soient plus utilisées dans les aliments en France. Ca serait néfaste.

Deuxièmement, une taxe sur l’huile de palme aurait, pour conséquence directe, l’augmentation des prix des produits alimentaires.

Cependant, nous savons que bien manger est souvent une question de budget. Les familles les moins aisées sont aussi celles qui consomment le plus de produits alimentaires manufacturés.

Donc, taxer l’huile de palme va entrainer des prix plus élevés. Conséquence très négative.

En tant que nutritionniste, mon message aux Membres du Parlement est clair, dans l’évaluation de ce projet de loi sur la biodiversité, prenez-en compte les effets indirects de vos décisions à la fois sur la santé et sur les couts. Cette taxe doit être retirée.

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Anne-Laure Meunier

Palm Oil Tax an Unhealthy Move

In early May, senators in the French Parlia­ment discussed a proposed Bill on biodiversity, nature and landscapes – commonly known as the Biodiversity Bill.

Although the text is lengthy, the Bill is still a clear demonstration of the common will of the French Parliament to put the debate on biodiversity on the right track. Like many others, I clearly support the stated intention of this Bill.

However, there is a critical part of the Bill that is directly linked to my professional expertise, and which is therefore puzzling to me.

As the parliamentary game of back-and-forth progressed, with discussions and amendments in both Houses, an additional tax on palm oil made its way into the National Assembly version of the Bill. This tax was put forward by MPs, based at least in part by allegations about palm oil’s effects on health.

For me, as a nutritionist, it is clear that the health allegations made against palm oil, voiced as justification for the tax, are nonsense.

It’s very important, first of all, to understand why palm oil is widely used in food products. The choice of a vegetable fat or vegetable oil by the food industry is often directly linked to the manufacturing and functional properties of a particular ingredient compared to competing oils or fats.

Food manufacturers that use palm oil as an ingredient do so for the same reasons, one of which is that palm oil has an important “technical” benefit compared to other vegetable oils – it is naturally semi-solid.

This means that palm oil can be added to food products without requiring partial hydrogenation – an industrial process that is instead needed to “harden” softer oils, and in so doing creating so-called “partially hydrogenated oils”.

Partially hydrogenated oils are very unhealthy, as they contain trans fatty acids (known as trans fats), whose harmful effects have been recognised unanimously by the scientific community.

Many countries have decided to ban trans fats in food products altogether, but neither France nor the European Union has taken any action thus far.

Palm oil, because of its natural state, does not require this industrial process of partial hydrogenation – and therefore palm oil never has trans fats. This is a major reason why the use of palm oil in food products has risen, not just in France, but also around the world.

Understanding this fact is fundamental to understanding why palm oil’s use is rising.

Palm oil is a healthy vegetable oil, naturally made up of 50% saturated and 50% unsaturated fatty acids. This balance, added to the total lack of trans fats, explains why palm oil is so popular and so widely used.

For some, this increase in palm oil use is seen as a problem. However, studies clearly show that French consumers actually consume very little palm oil.

It’s true that palm oil is found in many products, but it is present only in small quantities. This research has been conclusively published by the French agency for Food, Environmental and Occupational Health and Safety (Anses) in France.

The level of palm oil consumption, therefore, should not be a matter of concern at all. In fact, it seems that the palm oil tax is based on multiple, unfounded, fears.

If a tax is to be introduced – which is really not justifiable, especially when looking at the failed Danish experience with a “fat tax” – I believe it would be wiser to apply it to trans fats whose impact on public health is unde­­niable, and globally-recognised.

The problem with taxes based on fear and misunderstanding is that they can often have unintended negative consequences.

First, a tax on palm oil could lead to unhealthy alternatives – such as trans fats – being used in higher quantities in food in France. That is a bad outcome.

Second, a tax on palm oil would, as a direct result, raise prices for food products.

Yet we know that eating well is often a matter of available budget. The least fortunate families are also those that consume manufactured food products the most.

So, taxing palm oil will lead to higher prices for people buying food. That is also a very bad outcome.

As a nutritionist – not a politician – my message to the Members of the French Parliament is simple: when you evaluate this biodiversity bill project, take into account the harmful effects of your decision, both on public health and on the cost of living. The tax should be scrapped.

Read article in The Star

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Anne-Laure Meunier Non classifié(e)

L’UE recommande de remplacer les graisses trans

Contrepoints – Selon un rapport de l’Union Européenne, l’huile de palme serait bénéfique pour la santé des Européens.

Le mois dernier, le service de recherche du Parlement européen a publié une contribution qui pourrait enrichir le débat sur les graisses trans. En lisant ce document de huit pages, disponible sur le site internet de l’institution européenne, chacun peut comprendre ce que sont les graisses trans et le problème qu’elles représentent aujourd’hui en termes de santé publique.
Trois enseignements essentiels sont mis en lumière dans ce rapport. Il existe un consensus sur la dangerosité des graisses trans pour la santé. Elles peuvent être facilement remplacées par des substituts naturels et accessibles comme l’huile de palme. Les mesures prises par l’Union Européenne pour réguler l’utilisation des graisses trans doivent être plus contraignantes.
Les auteurs du document montrent qu’à ce sujet, la communauté scientifique toute entière est parvenue à un consensus : issues de l’hydrogénation partielle d’huiles fluides, les graisses trans industrielles augmentent significativement le risque de maladies cardiovasculaires, d’obésité et de diabète de type 2. Ils soutiennent également que nous gagnerions collectivement à promouvoir la limitation de leur consommation – voire leur interdiction complète – au profit de graisses de substitution comme certaines huiles insaturées transformées, de graisses animales comme le beurre, et bien évidemment les huiles végétales naturellement saturées comme l’huile de palme ou de coco. Comme l’ont souligné les auteurs du rapport, de nombreux pays à travers le monde utilisent déjà l’huile de palme comme un substitut naturel aux graisses trans.

 

Les acides gras trans ciblés par les organisations du monde entier

S’il est une vérité généralement admise, c’est que les acides gras trans sont un danger sanitaire dont il faut se prémunir. En effet, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité en Europe et l’OMS alerte qu’une consommation de l’ordre de 2% des apports quotidiens en énergie augmente de 23% le risque d’un accident cardiovasculaire. En réponse, une poignée d’organisations de santé publique, ont pris la résolution d’agir. En 2015, la Food and Drug Administration américaine a publié une décision qui stipulait que les acides gras trans n’étaient plus généralement reconnus sûrs pour la consommation humaine. Le Danemark a été le premier pays membre de l’UE, dès 2003, à déclarer que la quantité de graisse trans dans un produit ne pouvait excéder 2% du total des graisses. La question est la suivante : pourquoi ces pionniers n’ont-ils pas été suivis par d’autres pays ?
Pourquoi trouvons-nous donc encore ces graisses dans nos produits alimentaires ?
La réponse est incertaine. Ce qui est certain, c’est que les graisses trans ont été amenées dans les années 1950 comme une alternative aux graisses animales. On croyait alors que leur concentration en graisses saturées les rendait moins bonnes pour la santé. Une erreur d’appréhension qui a conduit à une baisse de la consommation de graisses saturées et à une hausse de la consommation des graisses trans. Rétrospectivement, quelle ironie ! Mais les propriétés fonctionnelles des huiles partiellement hydrogénées les ont rendues fort populaires auprès des agro-industriels. Et comme le souligne le rapport du Parlement Européen, toutes les graisses ne peuvent adéquatement les remplacer.

 

Des alternatives saines à privilégier

Avec des résultats aussi probants que ceux observés au Danemark, où une étude récente a montré que la santé cardiovasculaire s’est améliorée plus vite après les mesures prises contre les graisses trans que la moyenne des pays de l’OCDE, l’Europe souhaite prendre le taureau par les cornes. Depuis une dizaine d’années, plusieurs pays européens ont opté pour une limitation de l’utilisation des huiles partiellement hydrogénées, favorisant un retour aux graisses saines et naturelles. Parmi celles-ci l’huile de palme – bien que souvent décriée par les médias – est un choix tout à fait rationnel. Naturellement solide à température ambiante, elle ne nécessite aucune manipulation ou hydrogénation pour être utilisable par l’industrie. Ses propriétés fonctionnelles lui confèrent un avantage certain sur d’autres huiles moins saturées, qui doivent être transformées. De plus, elle ne contient absolument aucun OGM.
Par ailleurs, et c’est sans doute l’aspect le plus important, tout effort permettant la diminution (voire l’élimination) de la consommation des graisses trans est un pas dans le bon sens. Plusieurs études très sérieuses ont su montrer que leur remplacement par des acides gras saturés ou insaturés dans l’alimentation humaine représentait un progrès significatif.
Quant au débat toujours actif au sujet de l’impact des acides gras saturés sur la santé, qui oppose un dogme vieux de 50 ans à des dizaines d’études qui le contredisent, seule une certitude persiste : contrairement aux graisses saturées, les graisses trans sont unanimement reconnues comme dangereuses. Le rapport du Parlement européen démontre qu’il est maintenant temps d’agir, passer de la parole aux actes.

 

https://www.contrepoints.org/2016/04/02/245264-lue-recommande-de-remplacer-les-graisses-trans

 

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Anne-Laure Meunier

European Parliament Recommends Removing Trans Fats in Europe

Contrepoints – EU report shows that using palm oil can help improve health outcomes in Europe.

The European Parliament’s research service has published an important contribution to the European debate around trans fats. The Parliament’s eight-page document is currently on its website and anyone can clearly understand from reading it, what trans fats are and the impact they have today on public health.

The European Parliament’s document essentially reaches three primary conclusions – first, that trans fats are agreed by consensus to be uniquely harmful; second, that they can be replaced easily and beneficially with currently available natural products, such as palm oil; and third, that the EU needs to step up work on this areas as to date only four countries in the EU have actually taken sufficient action against trans fats.

The European Parliament’s conclusions show that on this subject, the whole scientific community has reached a consensus: industrial trans fats, created from partial hydrogenation of fluid oils, significantly increase the risk of cardiovascular disease, obesity and type 2 diabetes. They also argue that we would collectively benefit from promoting the limitation of consumption – or even a complete ban – and use alternative fats instead, such as certain transformed unsaturated oils, animal fats such as butter, and of course vegetable oils naturally rich in saturated fatty acids.. Palm oil for example, as highlighted by the Parliamentary research service, is already widely used around the world as a natural replacement for trans fats.

Trans fats targeted by organisations worldwide

If there is a globally accepted truth, it is that trans fatty acids are a health hazard that must be addressed. In fact, cardiovascular disease is the leading cause of death in Europe and WHO warns that consumption of about 2% of daily energy intake increases by 23% the risk of a cardiovascular event. In response, health authorities have resolved to take action. In 2015, the Food and Drug Administration of the USA issued a decision stipulating that trans fats were not recognised as generally safe for human consumption anymore. Denmark was the first member country of the EU in 2003 to limit the amount of trans fat in a product, setting the 2% of total fat objective. The question is, why are other countries – and the EU itself – not following these pioneers?

Why do we still find these fats in our food?

The answer is uncertain. What is certain however is that trans fats were brought in during the 1950s as an alternative to animal fats. It was believed that the content of saturated fat in animal products made them less healthy. This advice, which led to the reduction of saturated fat consumption and the rise of trans fat consumption, has been shown to be a colossal mistake. In retrospect, such irony. But the functional properties of partially hydrogenated oils made them very popular with agribusiness companies.

Choosing healthy alternatives

With results as significant as those observed in Denmark, where a recent study showed that cardiovascular health improved more quickly after the measures against trans fats were taken, compared to that of the average in OECD countries, Europe must take the matter in its own hands. For ten years now, many European countries have opted for a restriction of the use of partially hydrogenated oils, pushing towards healthy, natural fats. These include palm oil, which is an entirely rational choice, though often unfairly demonised in the media. Naturally semi-solid at room temperature, it requires no transformation or hydrogenation to be usable by the industry. Its functional properties give it a clear advantage over other less saturated oils, which must be processed. In addition, it contains absolutely no GMOs.

Moreover, and this is probably the most important point, any effort towards the reduction (or elimination) of the consumption of trans fats is a step in the right direction. Several serious studies were able to show that substituting it with saturated or unsaturated fatty acids in human diet represented significant progress.

As for the still-active debate about the impact of saturated fatty acids on health, this is an outdated 50-year old dogma, which is contradicted by dozens of studies. Even for those laggards who have not quite accepted this new paradigm, one certainty remains: unlike saturated fats, trans fats are unanimously recognised as dangerous. The European Parliament’s report is welcome: it needs to be not just words, but a spur to action for all of us across Europe.

https://www.contrepoints.org/2016/04/02/245264-lue-recommande-de-remplacer-les-graisses-trans