Passer au palmier à huile

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Qu’est-ce qui amène un paysan à devenir petit planteur de palmier à huile ?

Dans l’amélioration des conditions de vie des paysans, les cultures de rente pérennes occupent une place de choix.

Les plantations de cacaoyers, de caoutchouc, de café ou de palmiers à huile se prêtent bien à ce développement agricole et, quand elles détenues et gérées par de petits agriculteurs indépendants, leur impact sur l’économie d’un pays peut être fondamental. On attribue d’ailleurs le développement de pays comme la Côte d’Ivoire, la Malaisie ou l’Indonésie aux programmes de développement de ce secteur privé.

Les petits planteurs ont toutefois une préférence pour le palmier à huile ; en effet, contrairement au cacao ou au café, le palmier à huile produit toute l’année, avec très peu de variations au cours du temps, et assure ainsi un revenu mensuel quasiment stable à l’agriculteur.

En Malaisie, un hectare de palmier rapporte entre 1.000 et 3.000 USD/an (selon les cours) à son propriétaire. Comme la superficie minimale recommandée est de 4ha, le petit planteur peut obtenir un revenu de 4.000 à 12.000 USD/an alors que le salaire minimal en Malaisie est d’un peu plus de 200 USD/mois ou 2.400 USD/an.

En touchant la plupart du temps, au moins deux fois le salaire minimal légal, il peut raisonnablement espérer sortir de la pauvreté et intégrer la classe moyenne rurale.

La culture du palmier à huile demande très peu de technicité et, contrairement au caoutchouc, est accessible pour tous les villageois même sans formation. La récolte et les entretiens ne demandent pas d’outillage onéreux, les investissements pour débuter sont faibles et accessibles au plus grand nombre.

Quasiment toutes les maladies du palmier peuvent être combattues avec des moyens intégrés et mécaniques ; la faible utilisation de produits phytosanitaires ne rend pas le petit planteur dépendant de fournisseurs extérieurs.

A part la récolte qui doit être livrée dans les 24 heures et une rare attaque d’insecte qui doit être traitée sans délai, toutes les opérations agricoles peuvent être réalisées dans un temps étalé et ne demandent pas une réactivité immédiate ; le travailleur a une grande flexibilité dans ses travaux, contrairement aux cultures annuelles.

L’élaéiculture est donc un vrai déclencheur de développement et de croissance dans les zones les plus reculées et défavorisées des pays tropicaux.

#Développement durable
Ecrit par Pierre Bois d'Enghien
Pierre Bois D’Enghien is an agronomist and agricultural expert from Belgium. He has spent his career advising African and international companies about agriculture and sustainability, including SOCFIN in the Cote d’Ivoire, the Feronia group in Congo, and the Belgian companies Condroz Energies. He is an acknowledged expert on plantation agriculture, including palm oil.