Manger du gras signifie-t-il être plus gras ?

Cette question est très difficile à appréhender d’une manière générale, puisque ce principe, cette assertion est intuitive. Et comme toujours, ce que qui est intuitif semble toujours dominer à ce qui ne l’est pas autant.

Malheureusement, la biologie n’est pas là pour plaire. Elle nous enseigne que ce n’est pas le gras que nous mangeons qui se déposera dans nos artères. En effet, il n’y a pas de lien bien établi entre le cholestérol que nous mangeons, entre les graisses que nous ingérons et ce qui se dépose ou non dans nos artères. Pourquoi ?

Machine métabolique

C’est finalement assez simple à comprendre. Entre ce que nous mangeons et nos artères, il y a d’abord une énorme machine métabolique. Je le dis souvent : nous ne sommes ni un réfrigérateur ni un espace de stockage ; ce que nous mangeons est profondément transformé par le foie.

Le foie retransforme, reconfigure, réadapte tout ce que nous mangeons après la digestion par le tube digestif, de telle sorte que nos besoins soient remplis. Notre foie est capable de presque tout transformer. Si ce n’était pas le cas, nous ne serions pas là car nous n’aurions pas survécu.
Cette machine métabolique fabrique des petites gouttelettes dans le sang pour transporter les graisses vers les tissus périphériques, afin de les utiliser, produire de l’énergie, créer des membranes, produire des hormones… Le foie régule tout cela.

Le foie en chef d’orchestre

Ainsi on comprend que la quantité de ce que l’on mange va être déterminante. Il est évident que si l’on mange beaucoup trop, le foie sera obligé de trouver comment utiliser tous ces nutriments dont il n’a que faire, parce qu’on n’en dépense pas. C’est un des grands sujets aujourd’hui : la sédentarité et l’alimentation bon marché ont précipité l’être humain dans une balance calorique positive.

Le deuxième point qu’il faut prendre en compte, c’est que le foie est parfaitement capable dans une situation d’excès de calories de transformer des sucres en graisses. Or, que mangeons-nous aujourd’hui en grande quantité ? Des amidons : du pain, des pâtes, du blé, du maïs, un certain nombre de céréales au petit déjeuner etc. Tout cela représente beaucoup plus que 50 %, parfois 60, voire 80% de sucres, de glucides.
Ces glucides en excès sont souvent d’absorption très rapide. Et que fait le foie devant cette situation d’inondation ? Il transforme, tranquillement mais surement, ces glucides en lipides, ces petites gouttelettes qu’il envoie ensuite dans le tissu adipeux. Si bien que vous pouvez ne manger que très peu de gras et pourtant produire via le foie quantité de triglycérides, c’est-à-dire de graisses. C’est là que gît l’échec de tout ce qui est low-fat – c’est-à-dire allégé, sans graisse, sans huile de palme – parce qu’en réalité, par effet de substitution, nous sommes obligés de remplacer les lipides par des glucides. Le low-fat n’a pas de gout ; le gout est transporté par le gras. Donc pour pallier le manque de goût, on rajoute des glucides, des sucres.

Il n’y a donc aucun rapport entre ce que vous mangez et ce qu’il va se passer dans vos artères. L’élément essentiel est qu’il faut à tout prix conserver son caractère le moins transformé, le plus naturel possible à ce que vous mangez. En clair, il faut privilégier des aliments et non des produits alimentaires, qui vont aggraver l’inondation de calories et de glucides dans votre organisme.

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