La taxe française sur l’huile de palme pourrait nuire aux relations commerciales de la France

La taxe française sur l’huile de palme, votée par l’Assemblée Nationale en Mars, est une proposition discriminatoire, qui nuirait aux relations Franco-Malaisienne.

L’huile de palme est le produit majeur d’exportation de la Malaisie et de l’Indonésie, que ce soit sous sa forme brute, ou oléochimique. La taxe proposée par la France est un acte hostile qui pourrait avoir des conséquences négatives sur l’emploi et le développement rural en Indonésie et en Malaisie, ainsi que dans d’autres pays producteurs d’huile de palme à travers le monde.

La question suivante a donc le mérite d’être posée: si la Malaisie devait réagir face à cette taxe, à travers sa politique commerciale, quelles options seraient à sa disposition?

Il existe un certain nombre d’options qui seraient disponibles, si les pays producteurs d’huile de palme choisissaient de réagir.

Suspension des négociations concernant l’accord de libre-échange Malaisie-UE. Les négociations pour l’accord de libre-échange entre la Malaisie et l’UE sont en cours depuis 2006. Elles ont été suspendus en 2012 avant les élections en Malaisie, mais ont finalement reprises il y a quelques semaines.

Le commerce bilatéral entre la Malaisie et l’UE n’est pas primordial. Toutefois, l’UE est parfaitement consciente qu’elle accuse un retard dans la région Asie-Pacifique, en particulier avec l’avènement de l’accord PTP entre les pays du Pacifique, sous l’égide des Etats-Unis. Des accords avec des pays tels que la Malaisie sont d’une grande importance politique pour l’UE. Car si l’UE est rebutée par la Malaisie, ce serait un revers considérable pour sa politique commerciale en générale.

Cibler des produits français. La Malaisie importe des quantités importantes de produits laitiers sous forme de poudre de lait écrémé; des quantités importantes proviennent de France et sont soumises à des tarifs d’importation. Les importations en provenance de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie ne sont pas sujettes à des tarifs d’importants en raison de l’accord de libre-échange ASEAN-Australie-NZ. L’Accord de partenariat transpacifique permettra de réduire également les coûts sur ces produits en provenance des États-Unis et du Canada. En d’autres termes, la Malaisie sera en mesure de remplacer l’importation de ces produits français – en ayant recours à d’autres fournisseurs sans aucun problème.

Reconsidérer les marchés publics. Les procédures concernant les marchés publics ne sont pas soumises aux règles de l’OMC, à l’exception d’un certain nombre de pays qui ont adhéré à l’Accord sur les marchés publics. Ce n’est un secret pour personne que les appels d’offres fixent souvent des règles qui favorisent les entreprises nationales ou les pays fournisseurs préférés.

Les services de transport et d’ingénierie sont parmi les principales exportations Française. La Malaisie – comme d’autres pays de la région – a un certain nombre de projets d’infrastructures en développement. Parmi ceux-ci, celui du transport public de Klang Valley. L’une des principales offres retenues dans cette première phase du projet a été la société de transport allemande Siemens.

Les étapes ultérieures du projet vont maintenant faire l’objet d’un appel d’offres. L’autorité Française en charge de la promotion des exportations a poussé les entreprises françaises à participer au processus d’appel d’offres. Ce processus pourrait être plus compliqué pour ces dernières. Que ce soit leurs participations ou chances de succès.

Les exportations de l’industrie aéronautique. De même, les dépenses dans le secteur de la défense ne sont pas régies par les règles de l’OMC et, les exportations dans ce secteur sont importantes pour la France. Comme c’est le cas pour les marchés publics, les dépenses dans ce secteur sont souvent politisées. Reconsidérer ces contrats portant sur l’aviation ou les navires de guerre – comme une réponse à la taxe sur l’huile de palme – serait un revers considérable pour les exportateurs français. Les négociations pour des contrats concernant l’aviation et navires de guerres ont attirés l’attention des médias qui ont mis en avant l’échec des négociations menées par le gouvernement actuelle.

Conclusion

Pour le moment, ceci n’est qu’une hypothèse, comme c’est le cas de la taxe sur l’huile de palme qui est encore en négociation au Parlement: le Sénat doit encore examiner cette proposition. Si la taxe est promulguée, elle aura un impact sur les pays producteurs tels que l’Indonésie et la Malaisie. Dès lors, plusieurs options sont disponibles.

La question principale est maintenant la suivante: Est-ce que les législateurs Français continueront à avancer sur ce projet de taxe qui pourrait nuire aux économies de la France, de la Malaisie et de l’Indonésie? Le Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur Matthias Fekl est actuellement en Asie du Sud-Est – en Indonésie et à Singapour – cette semaine afin promouvoir les bonnes relations entre la France et cette région. Si le gouvernement français veut réellement entretenir de bonnes relations, la première étape serait d’annuler cette taxe discriminatoire et préjudiciable sur l’huile de palme.

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