La Malaisie est verte et en croissance

Plus de 190 pays se sont rencontrés à Paris le mois dernier à l’occasion de la 2015 Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP 21) et ont conclu un accord pour résoudre le problème du changement climatique. Comme toujours, les forêts et les émissions issues de la déforestation a retenu l’attention tout au long de la conférence.

Dans ce contexte, il est plus important que jamais de susciter l’intérêt du public pour le rapport sur l’évaluation des ressources forestières mondiales 2015 (Forest Ressource Assessment ou FRA) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (UN Food and Agriculture Organisation ou FAO). Le rapport est intitulé « Comment les forêts de la planète changent-elles ? »

Le FRA, publié tous les 5 ans pour fournir une approche cohérente décrivant les forêts du monde et leur mode d’évolution (source : www.fao.org), est l’examen le plus complet des forêts mondiales, réalisé à partir de données issues de centaines de sources et employant des équipes de chercheurs du monde entier.

Beaucoup d’ONG ont accusé l’industrie de l’huile de palme d’être une cause majeure de déforestation, particulièrement en Malaisie. Elles ont été l’un des principaux piliers des campagnes de décrédibilisation de l’huile de palme. Mais les nouvelles données de la FRA changent la donne.

La Malaisie, qui est l’un des acteurs majeurs de l’industrie de l’huile de palme, présente une assez bonne gestion de ses ressources forestières. En effet, les forêts malaisiennes occupent aujourd’hui 22 195 100 ha, soit 67,6 % (plus des deux tiers) de la superficie du pays. En 2000, la couverture de la région était de 21 591 000 ha. Entre 2010 et 2015, la zone forestière a augmenté de 14 000 ha par an. En d’autres termes, l’aire forestière malaisienne augmente et ne décroît pas.

Notons que la forêt primaire représente 5 041 000 ha (22,7 % de l’aire forestière), les autres forêts régénérées naturellement représentent 15 188 000 ha (68,4 % de l’aire totale) et, en tenant compte des forêts plantées, elles représentent 1 966 000 ha ou 8,9 % de l’aire forestière.

Même lorsqu’on se réfère à la couverture forestière, qui se calcule d’après la couverture de la canopée et inclut des blocs d’arbres de taille inférieure, les chiffres de la Malaisie sont impressionnants.

D’après Global Forest Watch, une initiative de l’institut des ressources mondiales, la couverture forestière malaisienne est d’environ 29 000 000 ha et dépasse 80 %. Les chiffres de la Malaisie sont les plus remarquables à l’issue des 25 dernières années (1990-2015), alors que l’aire forestière mondiale continuait son déclin progressif, proportionnel à la croissance de la population mondiale.

L’aspect positif est que, comme l’a noté le rapport de la FAO, « la priorité accordée à la gestion durable des forêts n’a jamais été aussi élevée : les terrains qualifiés de forêts permanentes sont plus nombreux et nous avons mis en place davantage d’actions, de surveillance, de rapports et de planification. L’implication des parties prenantes est chaque jour plus important et il existe un cadre légal quasi universel pour réguler la gestion durable des forêts. Des zones plus vastes sont assignées à la conservation de la biodiversité, et les forêts ont simultanément un rôle de plus en plus important dans l’offre de produits et de services. »

Les auteurs notent également qu’en 1990, la planète possédait 4,128 milliards d’hectares de forêt ; en 2015, cette aire totale a diminué pour atteindre 3,999 milliards d’hectares, abaissant le taux de couverture terrestres de 31,6 % à 30,6 % en 25 ans.

De ce point de vue, la Malaisie a montré l’exemple, son aire forestière n’a décru que légèrement au cours des 25 dernières années. Son taux de perte forestière a en réalité chuté à zéro. La diminution de l’aire forestière malaisienne est inférieure aux pertes de pays développés comme l’Australie et le Canada.

Les Malaisiens peuvent se sentir fiers, car l’une des principales caractéristiques mises en évidence par le rapport est que « l’aire totale des forêts primaires a augmenté de 1990 à 2015, en grande partie parce que les pays sont plus nombreux à faire état de cette caractéristique de leurs forêts. Certains pays ont fait état d’augmentations de leurs forêts primaires nationales en raison de la reclassification de catégories de forêts primaires (parmi eux, le Costa-Rica, le Japon, la Malaisie, la Russie et les États-Unis) ».

Au final, alors que la planète se concentre sur la conservation de la biodiversité, un progrès considérable a été réalisé à cet égard puisque l’aire dédiée à la conservation de la biodiversité en Malaisie a augmenté de 1 120 000 ha en 1990 à 1 859 000 ha en 2015.

Les résultats de ce rapport pourront susciter des détracteurs. Certains avanceront que l’emploi du terme « aire forestière » par la FAO n’est pas aussi fiable que celui de « couverture forestière ».

Il y a cependant une raison à cela.

L’« aire forestière » est une mesure de long terme de l’aire de terrain classifiée en tant que forêt sur le plus long terme, tandis que la « couverture forestière » est un instantané réalisé à un point donné dans le temps. La « couverture forestière » est sujette à des perturbations d’origines humaine ou autres. On pense ici aux feux de forêt, aux volcans, aux maladies ou aux déforestations à but environnemental (comme les coupe-feux).

Il convient également de noter qu’un certain nombre de pays de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économiques (OCDE) comme le Canada, l’Australie et le Chili ont présenté des pertes forestières plus importantes que la Malaisie au cours des 25 dernières années.

À la lecture de ces chiffres, il est surprenant que certains persistent à propager la rumeur selon laquelle la Malaisie souffre des effets dévastateurs de la déforestation. En tant qu’observateur présent lors de la table ronde sur l’huile de palme durable (Roundtable on Sustainable Palm Oil ou RSPO), je suis évidemment très intéressé par ces données. C’est le signe qu’au contraire de ce que certains semblent croire, les Malaisiens prennent soin de leurs forêts et sont conscients qu’elles représentent un élément précieux de leur héritage national.

Le peuple malaisien peut être fier de ce rapport et doit se référer à ses résultats pour affronter les médias internationaux ainsi que ceux qui répandent intentionnellement la désinformation au sujet de l’huile de palme malaisien. La Malaisie mérite ainsi des louanges. Loin d’être le paria environnemental que certains l’ont accusée d’être, c’est un pays qui a travaillé dur en faveur de la gestion durable de ses ressources naturelles.

Bien entendu, cela ne signifie pas que la Malaisie peut abandonner ses efforts ; la gestion environnementale est toujours un travail en cours de réalisation.

En résumé, les faits essentiels à retenir du rapport de la FAO sont les suivants :

– L’aire forestière malaisienne est en augmentation, ce qui dément les accusations de déforestation de masse non régulée et indiscriminée.

– La Malaisie reste l’un des pays ayant les meilleures performances au monde en matière de rétention de forêts. L’aire forestière représente actuellement 67,6 % des terres.

– De manière globale, l’information sur les forêts s’améliore également, les aires de conservation de la biodiversité s’accroissent, et le taux global de perte forestière est en déclin.

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