A priori au sujet du cholesterol et de l’huile de palme

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Un a priori très classique trouvé chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires, est qu’il faut manger peu de cholestérol et peu de gras. Alors qu’il a été tabou pendant de nombreuses années, ce point est de plus en plus débattu, au point même d’être remis en question.

Jusqu’à présent, on s’est intéressé au cholestérol des aliments en laissant courir une hypothèse qui s’avère être de moins en moins vérifiée : « en mangeant moins d’aliments avec du cholestérol, on se retrouvera avec moins de cholestérol dans la plaque de l’athérome.

En fait, il n’en n’est rien. On s’aperçoit que le cholestérol que nous ingérons n’a pas beaucoup d’impact. Notre corps n’est pas un réservoir. C’est une machine métabolique. Quand les plaques de cholestérol vont arriver dans le foie, elles vont être recombinées.

L’ingestion de cholestérol et la présence de cholestérol dans l’organisme ne sont pas nécessairement liés et ce dernier peut tout à fait être produit par le foie. Le meilleur exemple étant qu’un végétarien peut avoir du cholestérol dans son sang sans avoir pour autant ingéré des aliments qui en contiennent.

Pendant longtemps, on a considéré l’organisme comme un silo ; si le cholestérol que nous ingérons se rend bien dans le foie, ce dernier opère une recombinaison des particules lipidiques.

 

Parmi les principaux facteurs de risque, on trouve les particules LDL. Or ces dernières peuvent être présentes dans l’organisme que l’on ingère des aliments à base de cholestérol ou pas. Par contre, elles sont plus athérogènes quand on mange des sucres rapides.

En conséquence, il est inopportun de se préoccuper en priorité du contenu en cholestérol des aliments et ce, pour trois raisons :

  • On va se priver d’éléments naturels (par exemple : les œufs entiers contiennent du cholestérol mais ne représentent pas de risque)
  • Lorsqu’on cherche à les éviter, on va systématiquement les remplacer par du pain blanc, de la confiture … bref, le risque étant l’accroissement de consommation d’aliments contenant des sucres et donc l’augmentation de risque de MCV.

Le patient, spontanément va rechercher des aliments qui indiquent une faible présence de cholestérol. Se faisant, il va se précipiter sur des « aliments à étiquettes » qui sont la plupart du temps des aliments transformés. Or la plupart du temps, ces aliments ont remplacé les cholestérols par des glucides.

On voit qu’il est essentiel de se départir de l’idée selon laquelle il faut absolument consommer moins de 300 grammes de cholestérol par jour. Cette « obsession » s’avère comme nous l’avons montrée trompeuse, mais également, il se pourrait qu’elle induise des comportements inopportuns dont les conséquences pourraient être carrément opposés à l’effet bénéfique recherché.

L’huile de palme qui a un bon équilibre entre gras saturés et insaturés est aussi victime de ces préjugés. La perception erronée sur le cholestérol et les gras pourrait induire les industriels dans le raisonnement biaisé que nous avons dénoncé : l’éviction des aliments contenant du cholestérol conduit à les remplacer. Or ce faisant les industriels ont remplacé le gras, par le sucre, ce qui entraîne des conséquences opposées à l’effet recherché.

#Santé
Ecrit par Dr Guy André Pelouze
Dr Guy-André Pelouze is a French cardio-thoracic surgeon, and a founder of the French think-tank and research group Institut de Recherche Clinique (Institute of Clinical Research). Dr Pelouze is a widely quoted writer and commentator on health and nutrition in France, and is the founder of the Food Facts Index, an independent website focusing on food-related issues in both French and English.